Occlusodontie
Douleurs de mâchoire et articulation temporo-mandibulaire (ATM) : comprendre et agir
Une mâchoire qui craque, qui fait mal devant l’oreille ou qui se bloque relève le plus souvent d’un dysfonctionnement temporo-mandibulaire (DTM) : fréquent, plurifactoriel, d’évolution souvent favorable. Voici qui consulter et comment on le traite, dans le cadre de l’occlusodontie au cabinet du Dr Medina, dans les Yvelines.
Cabinet du Dr Avigaël Medina, chirurgien-dentiste · Montigny-le-Bretonneux (Yvelines) · nous contacter

L’essentiel
- L’ATM relie la mâchoire inférieure au crâne, juste devant chaque oreille.
- Les DTM regroupent douleurs des muscles et des articulations, bruits, limitation de l’ouverture et blocages.
- Plusieurs causes s’additionnent : muscles, articulation, stress, sommeil, habitudes ; l’occlusion n’est qu’un facteur parmi d’autres.
- Traitements conservateurs et réversibles d’abord ; une large part des symptômes s’améliore en quelques semaines à quelques mois.
L’ATM et ses dysfonctionnements (DTM, « SADAM »)
L’articulation temporo-mandibulaire (ATM) se situe devant chaque oreille. Elle relie la mâchoire inférieure (mandibule) à l’os temporal du crâne. Entre les deux surfaces osseuses se trouve un disque, aussi appelé ménisque, qui glisse à chaque ouverture et amortit les contraintes. Les deux ATM travaillent toujours ensemble, actionnées par les muscles masticateurs (masséter, temporal, ptérygoïdiens). Le disque peut se déplacer, ce qui explique les claquements ; les surfaces peuvent s’user, ce qui explique les crépitements.
Les dysfonctionnements temporo-mandibulaires (DTM) désignent l’ensemble des troubles qui touchent ces muscles, ces articulations ou les deux. On parle aussi de dysfonctionnements de l’appareil manducateur (DAM) ; le terme ancien « SADAM » est encore utilisé. Selon les critères retenus, 5 à 12 % de la population présente des DTM douloureux et jusqu’à 30 % au moins un signe. Le pic se situe entre 20 et 45 ans ; les femmes sont deux fois plus souvent concernées que les hommes.
Les symptômes
Les signes d’un DTM se combinent de façon variable d’une personne à l’autre. Ils peuvent fluctuer, s’aggraver en période de fatigue ou de stress et s’atténuer spontanément.
- Douleur de la mâchoire, devant l’oreille, dans la joue ou la tempe, à la mastication ou au réveil.
- Bruits articulaires : claquement à l’ouverture ou à la fermeture (déplacement du disque), crépitements (usure des surfaces).
- Limitation ou déviation de l’ouverture, sensation de mâchoire qui « saute ».
- Blocages : bouche fermée (le disque bloque le mouvement) ou, plus rarement, bouche ouverte (luxation).
- Signes associés : céphalées de tension des tempes, douleurs cervicales, fatigue musculaire au réveil, dents usées par le bruxisme.
- Acouphènes, oreille bouchée, vertiges : parfois rapportés, sans lien constant démontré avec les DTM ; à explorer par un ORL.
Causes et facteurs : une origine plurifactorielle
Les DTM n’ont pas une seule cause. Ils résultent de facteurs qui s’additionnent : surcharge des muscles masticateurs par le serrement ou le grincement, déplacement ou usure du disque articulaire, arthrose, traumatisme (choc, ouverture forcée prolongée), posture, douleur chronique, stress, anxiété et troubles du sommeil.
La position des dents a longtemps été considérée comme la cause principale. Les études ne le confirment pas : l’occlusion n’est qu’un facteur parmi d’autres et rarement la seule cause. C’est pourquoi « corriger l’occlusion » par meulage ne fait pas partie des traitements de première intention, et pourquoi la prise en charge s’intéresse autant aux muscles, au sommeil et aux habitudes qu’aux dents.
Le stress et l’anxiété sont fortement associés aux DTM, notamment par le serrement de jour. Le dire ne signifie pas que la douleur est « psychologique » : elle est bien réelle, et la gestion du stress est l’un des leviers du traitement.
Quel professionnel consulter ?
Beaucoup de patients passent par le médecin, l’ORL puis l’ostéopathe avant d’apprendre qu’un chirurgien-dentiste s’occupe de la mâchoire. Ce parcours allonge souvent les délais avant un bilan adapté. Voici qui fait quoi.
- Le chirurgien-dentiste dont la pratique est orientée vers l’occlusodontie examine dents, muscles et articulations, pose le diagnostic, réalise les traitements réversibles et coordonne la prise en charge. L’occlusodontie n’est pas une spécialité reconnue : c’est une orientation de pratique.
- Le kinésithérapeute formé à la sphère maxillo-faciale, sur prescription, prend en charge muscles, cervicales et posture.
- Votre médecin traitant coordonne le parcours de soins, prescrit si besoin un traitement court et oriente.
- Le médecin ORL explore acouphènes, douleurs d’oreille et sensations d’oreille bouchée.
- Le chirurgien maxillo-facial ou le stomatologue intervient pour les blocages persistants, les traumatismes et les atteintes articulaires avancées (infiltration, arthrocentèse, chirurgie).
- L’orthodontiste et le rhumatologue sont sollicités pour leurs indications propres : malposition, maladie rhumatismale connue.
Les examens
Le diagnostic de DTM est avant tout un diagnostic d’examen, structuré par les critères internationaux DC/TMD. Au cabinet, le bilan occlusal dure 45 à 60 minutes dans la majorité des cas. Il sert aussi à écarter une autre origine de la douleur, dentaire ou médicale (par exemple une névralgie), qui relève d’un autre traitement.
Il comprend un entretien détaillé (histoire de la douleur, sommeil, stress, habitudes), la palpation des muscles masticateurs et cervicaux, la mesure de l’ouverture buccale (normale à partir de 40 mm), la recherche des bruits articulaires, l’observation du trajet d’ouverture et l’examen des dents : usures, fêlures, contacts. Des photographies et une radiographie panoramique peuvent compléter l’examen.
L’imagerie n’est pas systématique. Une IRM est demandée quand on suspecte une atteinte du disque ; un cone beam (radiographie en trois dimensions) ou un scanner quand on suspecte une atteinte osseuse. Ces examens sont prescrits en lien avec votre médecin.
Traitements conservateurs d’abord
Les recommandations françaises de 2016 et les revues internationales convergent : d’abord des traitements conservateurs et réversibles, car une large part des DTM s’améliore spontanément en quelques semaines à quelques mois. Meulage, prothèse étendue, orthodontie ou chirurgie ne se justifient pas sans besoin propre.
Étape 1 : Information et autogestion
Comprendre le mécanisme, repérer le serrement de jour (« lèvres jointes, dents desserrées »), alimentation souple quelques jours, chaleur humide, exercices d’ouverture et d’étirement.
Étape 2 : Traitement médicamenteux court
Antalgique ou myorelaxant sur une courte durée, sur prescription, en cas de douleur aiguë.
Étape 3 : Kinésithérapie maxillo-faciale
Mobilisations douces, travail musculaire, postural et cervical, sur prescription ; remboursée.
Étape 4 : Orthèse occlusale
La gouttière occlusale rigide sur mesure, portée la nuit, détend les muscles, décomprime l’articulation et protège les dents ; indiquée au cas par cas et contrôlée.
quelques mois
Étape 5 : Réévaluation à 3 mois
Si amélioration : espacement et poursuite des exercices. Si échec : imagerie, avis pluridisciplinaire, options ciblées (infiltration, arthrocentèse). Aucun traitement irréversible sans stabilité préalable.
Quand s’inquiéter et consulter rapidement
La plupart des DTM ne sont pas graves. Certaines situations demandent toutefois un avis rapide, médical ou dentaire, et parfois une imagerie.
- Blocage bouche ouverte qui ne cède pas (luxation) : consultez en urgence, sans forcer.
- Blocage bouche fermée persistant plus de quelques jours malgré chaleur et détente.
- Traumatisme récent de la mâchoire ou du menton, gonflement devant l’oreille, fièvre.
- Douleur strictement d’un seul côté avec fourmillements, perte de sensibilité ou autres signes neurologiques.
- Maladie rhumatismale connue (polyarthrite, spondylarthrite) avec douleur articulaire nouvelle.
Questions fréquentes
Pourquoi ma mâchoire craque-t-elle ?
Le claquement traduit le plus souvent un déplacement du disque articulaire, qui se replace brusquement à l’ouverture ou à la fermeture. Fréquent, il ne demande qu’une surveillance s’il n’est ni douloureux ni bloquant. Un crépitement plus fin évoque une usure des surfaces.
Une douleur de mâchoire, est-ce grave ?
Dans la majorité des cas, non : les DTM ont une évolution souvent favorable, et une large part des symptômes s’améliore en quelques semaines à quelques mois. Un avis rapide est nécessaire en cas de traumatisme, de blocage persistant, de gonflement, de fièvre ou de signes neurologiques.
Qui consulter pour une douleur à la mâchoire ?
Un chirurgien-dentiste dont la pratique est orientée vers l’occlusodontie, qui examine dents, muscles et articulations et coordonne la prise en charge. Selon le cas, il oriente vers un kinésithérapeute maxillo-facial, un ORL, un chirurgien maxillo-facial ou votre médecin traitant. L’occlusodontie n’est pas une spécialité reconnue.
Combien de temps dure le traitement ?
Une amélioration est attendue en 4 à 12 semaines pour la plupart des DTM, avec les conseils, les exercices, la kinésithérapie et, si elle est indiquée, une gouttière. Une réévaluation a lieu vers 3 mois ; les craquements peuvent persister sans conséquence.
Faut-il une chirurgie de l’ATM ?
Rarement. La chirurgie de l’articulation relève du chirurgien maxillo-facial, après échec des traitements conservateurs, pour des atteintes précises confirmées par l’imagerie. Des gestes intermédiaires existent (infiltration, arthrocentèse). Le meulage des dents n’a pas montré d’efficacité sur les DTM.
Pour aller plus loin
- Occlusodontie dans les YvelinesLe bilan occlusal, les traitements réversibles et la place limitée de l’équilibration occlusale.
- BruxismeSerrements et grincements de dents : un facteur fréquent de douleurs de mâchoire.
- Gouttière occlusaleRôle, fabrication, port, entretien, honoraires et remboursement de l’orthèse sur mesure.
- Urgence dentaireConduite à tenir en cas de blocage de mâchoire ou de douleur aiguë, pendant et hors des horaires.
- Votre première consultationCe qu’il faut apporter, la durée du rendez-vous et le temps d’explication prévu.
Sources et références
- SFSCMFCO / Collège national d’occlusodontologie et al. — Recommandations de bonne pratique : orthèses occlusales et DTM (2016) (nouvelle fenêtre)
- Koh H, Robinson PG — Occlusal adjustment for treating and preventing temporomandibular joint disorders (Cochrane) (nouvelle fenêtre)
- Prévalence des dysfonctionnements temporo-mandibulaires — revue 2025 (nouvelle fenêtre)
- Lövgren A et al. — Douleur temporo-mandibulaire fréquente en population générale (Eur J Pain 2016) (nouvelle fenêtre)
- Lobbezoo F et al. — International consensus on the assessment of bruxism (J Oral Rehabil 2018) (nouvelle fenêtre)
- Assurance Maladie — Tarifs et remboursements des soins dentaires (nouvelle fenêtre)
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un examen clinique. Les décisions de traitement se prennent en consultation, après information sur les bénéfices, les risques et les alternatives.
Prendre rendez-vous pour un bilan occlusal
Votre mâchoire craque, se bloque ou fait mal depuis plusieurs semaines ? Un bilan occlusal permet de nommer ce qui se passe et de commencer par des moyens réversibles. Prenez rendez-vous au 01 30 54 77 78 ou en ligne.
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