Occlusodontie
Bruxisme : grincements et serrements de dents, comment les reconnaître et les traiter
Serrer ou grincer des dents, la nuit ou le jour, souvent sans s’en rendre compte : c’est le bruxisme. Ce n’est pas une maladie, mais il peut user les dents, fatiguer la mâchoire et donner des maux de tête. Voici comment le reconnaître et le prendre en charge, en occlusodontie au cabinet du Dr Medina, dans les Yvelines.
Cabinet du Dr Avigaël Medina, chirurgien-dentiste · Montigny-le-Bretonneux (Yvelines) · nous contacter

L’essentiel
- Le bruxisme est un comportement, pas une maladie (consensus international 2018) : il pose problème quand il use, fracture ou fait mal.
- Bruxisme du sommeil (8 à 16 % des adultes) et de l’éveil (20 à 30 %) diffèrent.
- Signes : dents usées ou fêlées, mâchoires serrées au réveil, douleurs des tempes, restaurations qui cassent.
- La prise en charge protège les dents et réduit les symptômes, sans guérir le bruxisme.
Bruxisme du sommeil et bruxisme de l’éveil
Le bruxisme est une activité répétitive des muscles de la mâchoire : serrement, grincement ou crispation. Le consensus international de 2018 (Lobbezoo et al.) le définit comme un comportement et non comme une maladie. Chez une personne en bonne santé, il peut rester sans conséquence ; il devient un problème quand il use les dents, fracture des restaurations ou entretient des douleurs musculaires.
Le bruxisme du sommeil
Il survient la nuit, par épisodes liés aux micro-éveils, sans que la personne s’en rende compte ; c’est souvent le conjoint qui entend le bruit. Il concerne 8 à 16 % des adultes (Manfredini et al., 2013) et est associé aux troubles du sommeil, parfois aux apnées.
Le bruxisme de l’éveil
Il s’agit surtout d’un serrement en journée, sans grincement, pendant la concentration, la conduite ou un moment de tension. Il toucherait 20 à 30 % des adultes. Fortement lié au stress et aux habitudes, il peut être repéré et réduit par un apprentissage.
Signes et conséquences
Le bruxisme se repère rarement par lui-même. Ce sont ses traces sur les dents et ses effets sur les muscles qui alertent, vous ou votre chirurgien-dentiste lors d’un contrôle.
Sur les dents
Les bords des dents se raccourcissent et s’aplanissent ; l’émail s’use jusqu’à laisser apparaître la dentine, plus jaune et plus sensible. Des fêlures apparaissent. Les restaurations (composites, couronnes, facettes) peuvent s’ébrécher ou se décoller. Une sensibilité diffuse au froid est fréquente.
Sur les muscles et les articulations
Les muscles masticateurs fatiguent : réveils avec les mâchoires serrées, douleur ou raideur des joues et des tempes, céphalées de tension le matin. Le bruxisme peut aussi aggraver des douleurs de l’articulation temporo-mandibulaire : craquements, douleur devant l’oreille.
Ce qui n’est pas démontré
Des acouphènes ou une sensation d’oreille bouchée sont parfois rapportés. Le lien avec le bruxisme n’est pas établi de façon constante : ces symptômes doivent d’abord être explorés par un médecin ORL.
Causes et facteurs
Le bruxisme n’a pas une seule cause. Les données actuelles décrivent un ensemble de facteurs qui s’additionnent, et dont le poids varie d’une personne à l’autre.
- Stress, anxiété et douleur chronique : fortement associés au bruxisme de l’éveil et, dans une moindre mesure, au bruxisme du sommeil.
- Sommeil : le grincement nocturne accompagne les micro-éveils ; ronflements, apnées et sommeil fragmenté en augmentent la fréquence.
- Substances : tabac, alcool, caféine en quantité, certains médicaments, notamment des antidépresseurs de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine.
- Habitudes : chewing-gum, ongles rongés, objets mordillés, serrement pendant la concentration.
- Occlusion : longtemps considérée comme la cause principale, la position des dents n’est aujourd’hui qu’un facteur secondaire. « Corriger l’occlusion » ne traite pas le bruxisme.
Le diagnostic au cabinet
Il n’existe pas d’examen simple qui « mesure » le bruxisme en routine. Le diagnostic repose sur votre récit, celui de votre entourage et l’examen de la bouche, dans le cadre d’un bilan occlusal.
Nous recherchons les usures et leur répartition, les fêlures, les restaurations abîmées, les traces de morsure sur les joues ou la langue. Nous palpons les muscles masticateurs et examinons les articulations. Des photographies et, si besoin, une empreinte optique gardent une trace de l’usure pour suivre son évolution d’une année à l’autre.
L’entretien porte sur le sommeil, le stress, les habitudes et les traitements en cours. Un enregistrement du sommeil n’est demandé qu’en cas de suspicion d’apnées, par votre médecin. Le bilan distingue aussi le bruxisme d’une érosion d’origine acide (reflux, boissons acides), dont la prise en charge est différente. Les conclusions vous sont expliquées et remises par écrit, avec les conseils adaptés à votre situation.
Traitements : protéger et réduire, sans promettre de guérir
Le bruxisme étant un comportement, aucun acte dentaire ne le supprime. L’objectif : protéger les dents et les restaurations, réduire les douleurs, avec des moyens réversibles d’abord.
La gouttière occlusale
La gouttière occlusale rigide sur mesure, portée la nuit, protège les dents, répartit les contacts et détend les muscles. Elle ne supprime pas le grincement : elle en gère les conséquences. Une gouttière souple du commerce peut aggraver le serrement.
Gestion du stress et du sommeil
Repérer le serrement de jour (« lèvres jointes, dents desserrées »), limiter caféine, alcool et tabac le soir, régulariser le sommeil. La gestion du stress, la thérapie cognitivo-comportementale et le biofeedback ont un niveau de preuve raisonnable.
Kinésithérapie
Quand les muscles sont douloureux, la kinésithérapie maxillo-faciale, sur prescription et remboursée, complète les auto-exercices.
Correction des usures
Des dents très usées peuvent être restaurées une fois le bruxisme pris en charge et protégé par une gouttière ; sinon, les restaurations s’usent à leur tour.
Ce qui n’est pas prouvé
L’équilibration occlusale par meulage, irréversible, n’a pas montré d’efficacité sur le bruxisme et n’est pas proposée. La toxine botulique peut réduire temporairement la douleur musculaire (niveau de preuve modéré), mais elle est hors autorisation de mise sur le marché dans cette indication en France et se discute en consultation hospitalière.
Le bruxisme chez l’enfant
Le grincement des dents est fréquent chez le jeune enfant, en particulier pendant la poussée des dents de lait puis des dents permanentes. Il est souvent lié à la maturation du sommeil et ne prédit pas nécessairement un bruxisme à l’âge adulte. Le plus souvent, il diminue avec la croissance et ne nécessite aucun traitement.
Un contrôle est utile si l’usure est marquée, si l’enfant se plaint de douleurs de mâchoire ou de maux de tête au réveil, ou s’il ronfle et dort mal : des troubles respiratoires du sommeil doivent alors être recherchés par le médecin. Une gouttière rigide n’est pas indiquée tant que les mâchoires grandissent ; conseils, gestion du stress et suivi lors de la visite de contrôle annuelle suffisent le plus souvent. Chez l’adolescent, les mêmes repères s’appliquent ; une orthèse peut être discutée une fois la croissance terminée.
Honoraires et remboursement
Le bilan occlusal relève d’une consultation au tarif conventionnel (base 23 €, remboursée à 60 %) et, s’il est approfondi, d’une information tarifaire préalable. Une orthèse occlusale rigide sur mesure coûte le plus souvent 300 à 600 € en Île-de-France (fourchette indicative constatée en 2026 ; les honoraires du cabinet figurent sur votre devis écrit) ; l’acte « plan de libération occlusale » a une base de remboursement de 172,80 €, prise en charge à 60 %. La kinésithérapie est remboursée sur prescription. La restauration des usures fait l’objet d’un devis séparé ; les facettes ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie. Un devis écrit est systématique.
Les honoraires et bases de remboursement des actes courants et la page première consultation précisent le déroulement ; pour toute question, vous pouvez contacter le cabinet. Le bruxisme est l’un des motifs de consultation en occlusodontie dans les Yvelines : la page pilier décrit le bilan occlusal et l’ensemble des traitements.
Questions fréquentes
Comment savoir si je grince des dents la nuit ?
Plusieurs indices : votre conjoint entend un grincement, vous vous réveillez les mâchoires serrées ou les tempes douloureuses, vos dents paraissent plus courtes ou plus sensibles, des restaurations s’ébrèchent. Lors d’un contrôle, votre chirurgien-dentiste repère des facettes d’usure caractéristiques.
Le bruxisme se soigne-t-il ?
On ne le « guérit » pas, car c’est un comportement lié au sommeil et au stress. On protège les dents avec une gouttière sur mesure, on réduit les douleurs par des exercices et la kinésithérapie, et l’on apprend à repérer le serrement de jour.
Faut-il porter une gouttière toute sa vie ?
Pas nécessairement. Pour des douleurs musculaires, la gouttière se porte quelques mois, puis s’espace. En cas de grincement destructeur, la protection nocturne peut être conservée au long cours, avec des contrôles réguliers et un remplacement tous les 2 à 5 ans.
Mon enfant grince des dents, est-ce inquiétant ?
Le plus souvent non : le grincement est fréquent chez l’enfant et diminue avec la croissance. Un contrôle est utile si l’usure est marquée, si l’enfant a mal au réveil ou s’il ronfle et dort mal. Une gouttière rigide n’est pas indiquée pendant la croissance.
Le bruxisme peut-il causer des acouphènes ?
Des acouphènes ou une sensation d’oreille bouchée accompagnent parfois le bruxisme, mais le lien de cause à effet n’est pas établi de façon constante. Ils doivent d’abord être explorés par un médecin ORL. Une amélioration après prise en charge est possible, pas promise.
Pour aller plus loin
- Occlusodontie dans les YvelinesLe bilan occlusal, les traitements réversibles et la place limitée de l’équilibration occlusale.
- Gouttière occlusaleTypes, fabrication, port, entretien, honoraires et remboursement de l’orthèse sur mesure.
- Douleurs de mâchoire et ATMCraquements, blocages, douleurs devant l’oreille : comprendre les dysfonctionnements temporo-mandibulaires.
- Honoraires et remboursementsBases de remboursement, devis et statut conventionnel du cabinet.
Sources et références
- Lobbezoo F et al. — International consensus on the assessment of bruxism: report of a work in progress (J Oral Rehabil 2018) (nouvelle fenêtre)
- Manfredini D et al. — Epidemiology of bruxism in adults: a systematic review of the literature (J Orofac Pain 2013) (nouvelle fenêtre)
- SFSCMFCO / Collège national d’occlusodontologie et al. — Recommandations de bonne pratique : orthèses occlusales (2016) (nouvelle fenêtre)
- Koh H, Robinson PG — Occlusal adjustment for treating and preventing temporomandibular joint disorders (Cochrane) (nouvelle fenêtre)
- HAS — Apnées du sommeil : place de la pression positive continue et de l’orthèse d’avancée mandibulaire (2014) (nouvelle fenêtre)
- Manfredini D et al. — Prevalence of sleep bruxism in children: a systematic review of the literature (J Oral Rehabil 2013) (nouvelle fenêtre)
- Assurance Maladie — Tarifs et remboursements des soins dentaires (actes CCAM, dont le plan de libération occlusale) (nouvelle fenêtre)
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un examen clinique. Les décisions de traitement se prennent en consultation, après information sur les bénéfices, les risques et les alternatives.
Prendre rendez-vous pour un bilan occlusal
Vos dents s’usent, vous vous réveillez la mâchoire serrée ou l’on vous entend grincer ? Un bilan occlusal mesure l’usure, éclaire les facteurs en jeu et permet de décider des premières mesures. Prenez rendez-vous au 01 30 54 77 78 ou en ligne.
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